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Seriez-vous favorable à un système scolaire sans évaluations ?

Depuis le collège, ado, je me pose des questions sur le système de notation. Pourtant je n'avais lu aucune critique portant sur cet outil, mais c'est instinctivement que je ne voulais pas être réduit à quelques chiffres, cela me semblait déjà absurde, oppressif et injuste, malgré mes bons résultats. Je me souviens en avoir parler à mes camarades à l'époque et je n'avais reçu pour toute réponse que des rires moqueurs, comme si remettre en question cet outil séculaire était le comble de l'absurde...

Lorsque je couds, tricote, fabrique quelque chose, dessine, écris, envisage un projet...j'essaye, je rate, je recommence et j'évalue moi-même le résultat de mes avancées par rapport à mon objectif. En fonction, je vois si je dois demander de l'aide, me former, acquérir un matériel spécifique, etc. Je n'ai pas besoin que quelqu'un d'extérieur me donne son avis selon des critères pré-etablis.

Parce que l'évaluation repose finalement sur des grilles dont les critères, qui se veulent objectifs, ne sont pas moins que des éléments subjectifs restreignant l'expression des potentialités de la personne évaluée. Combien de fois m'est il arrivé d'être frustrée de n'avoir pas montré ce que je savais faire et d'avoir été interrogée sur ce que je ne maîtrisais pas ?... Je crois qu'il n'y a rien de pire pour entamer la confiance en soi et en ses capacités.

L'idée communément admise voudrait que ce soit l'autre qui juge si je sais. Pourtant entre ce que je sais et ce que je montre, il peut y avoir un fossé, de même entre ce que je sais et ce que l'autre attend. Je ne crois donc pas au bien fondé des hétéro-evaluations et crois davantage en la puissance de l'auto-évaluation, naturelle et adaptative, en lien avec la communauté. L'être humain apprend par imitation et expérimentation.

Réflexion toujours en cours...

Bonsoir,

j’y suis tout à fait favorable pour les raisons évoquées par Hélène Pascaud. Et parce que sous couvert d’objectivité cette pratique ne l’est pas du tout.
En 1922, Henri Piéron a posé les termes d’une pratique qu’il a nommé Docimologie, l’étude des moyens d’évaluation.

il y démontre que la même copie évaluée par deux correcteurs, ou par le même à plusieurs mois de distance, n’obtient pas la même note. On s’en doute quand il s’agit de « sciences humaines », mais c’est également vrai en mathématiques dont on pourrait penser que le résultat est binaire (vrai ou faux).
De plus, si l’apprentissage est motivé par le besoin personnel intrinsèque, l’éducation fonctionnelle d’Edouard Claparède, l’apprenant est capable de déterminer s’il a atteint la maîtrise du sujet qu’il souhaitait atteindre. En ce sens, il n’y a pas besoin d’evaluation par autrui. La mise en situation d’avoir à utiliser les concepts ou techniques apprises est le meilleur arbitre....

Suis-je en mesure de jouer le morceau de musique que j’apprend ?

Le plat que je prépare est-il conforme à la recette et est-il bon ? Etc....

Les enseignants, et formateurs d’adultes (mon ex-métier), ont besoin de « voir » le résultat de leur « enseignement » l’évaluation n’est pas faite pour l’apprenant, mais pour l’enseignant.

On peut donc s’en passer techniquement. Mais cela suppose un changement de posture de l’enseignant qui devient plus un animateur de Master Class.

Les évaluations sont arbitraires et donnent des résultats arbitraires. Elles ne permettent pas d'évaluer la réalisation du droit à l'instruction (qui grosso modo doit permettre de devenir un individu autonome, avec un esprit critique et capable de jouer un rôle utile dans la société). En effet, les évaluations scolaires n'évaluent que la conformité à un certain standard scolaire attendu à un moment donné alors que les apprentissages ne sont pas linéaires. Dans ma vie professionnelle, je travaille depuis 25 ans sans avoir jamais été évaluée de manière standardisée ou lors d'entretien, ce qui ne m'a pas empêché d'apprendre et élargir mes compétences, ce qui n'a pas porté atteinte à ma confiance personnelle pour aller de l'avant. Les évaluations imposées ne sont donc pas utiles pour permettre les apprentissages, il suffirait de laisser les individus constater leurs compétences ou incompétences et les aider à s'auto-évaluer et constater ce qui pourrait les aider à améliorer leurs compétences selon leurs besoins, s'ils le demandent. L'évaluation est normative, elle tue donc le pluralisme et la diversité, donc la créativité. En cloisonnant les évaluations par matière, cela nuit aussi à la construction de connaissances de manière pluridisciplinaire et en instaurant des comparaisons entre élèves, cela nuit à la collaboration et donc à la promotion d'une intelligence collective. Et il y aurait encore plus à dire sur les séquelles psychologiques...
https://www.morethanascore.org.uk/

 

J'ai toujours testé les évaluations et la notation. Je trouve ça sera à rien puisque c'est arbitraire. Bien souvent ça cause des conflits dans la famille. Beaucoup des enfants sont punis pour une mauvaise note. Souvent les enfants apprennent  pour avoir une bonne note et ils oublient tout après. Je suis plutôt favorable pour une auto-évaluation. L'enfant apprend par essai/erreur et par imitation/expérimentation. Je suis convaincue qu'un enfant est bien capable de déterminer ses compétences s'il apprend avec passion et plaisir.

Bien sûr que je suis favorable à un système sans notation. Qu'un adulte cherche à savoir où en est l'enfant dans sa compréhension d'une notion se comprend (alors, il pourrait prendre le temps d'observer et de discuter !) mais les tests, contrôles (surprise !) et évaluations sont en réalité soit des temps où l'enfant doit recracher un savoir – ce qui ne permet pas d'évaluer ce qu'il a compris – ou organisés pour voir s'il va tomber dans les "pièges"… Au delà de la violence d'être sans cesse jugé et où l'image que l'enfant se fait de lui se colle peu à peu à ce jugement qui est porté sur lui, ce principe est totalement dissocié de la manière dont on peut utiliser un savoir dans la vie réelle et au besoin initial de savoir où en est l'enfant (pour par exemple savoir ce que l'on peut se permettre d'aborder ensuite avec lui… car d'ailleurs, où qu'il en soit, on continue quand même le programme comme prévu…)

Si l'évaluation est demandé par le jeune, alors c'est OK (souvent il n'a rien demandé !!). Mais la notation n'est là encore pas nécessaire (ni souhaitable). De la même manière que l'on cherche à se perfectionner sur un jeu de logique en passant les niveaux, ou en augmentant le nombre de pièces pour constituer un puzzle, ça peut simplement être un plaisir de voir jusqu'où on peut aller et voir que l'on progresse.

Bref, les notes ne servent pas les élèves, au contraire, et on le sait depuis longtemps. Ce qui est mis en place à l'école ne devrait avoir pour finalité que le bénéfice pour les jeunes concernés.