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Je les envois au bagne

Quand ma fille aînée a fait sa rentrée de petite section, j'ai pensé "elle prend 13 ans ferme". J'ai pleuré en me demandant pourquoi je faisais ça à mon bébé. Je ne savais pas que l'école n'était pas obligatoire...

Elle a pleuré pendant plus d'un an, tous les jours. Et elle a cessé de lutter et s'est conformée. Encore aujourd'hui, je me demande quelle personne elle serait sans cette expérience désastreuse. Je m'en veux beaucoup.

Je savais que l'école ne me convenait pas. Je n'étais pas d'accord avec les pratiques. Je le disais à la maîtresse, j'en parlais avec ma fille. A la maison, nous faisions différemment. Mais j'ai continué à l'envoyer à l'école et sa sœur a suivi.

Notre deuxième fille a eu des maux de têtes tous les jours de ses trois années de maternelle. Je ne savais pas comment faire autrement...

Et puis une troisième fille est arrivée, et un congé maternité. Cette année là, ma fille aînée, alors en CE1 a commencé à être violente, agressive, elle a perdu la capacité à lire. Elle ne voyait que par sa maîtresse, il fallait absolument faire les devoirs, aussi idiots et inutiles soient-ils. Nous avons découvert qu'elle était victime de violence psychologique de la part de ses enseignants. Nous avons tenté de leur parler, nous avons alerté l'inspection académique et parallèlement, nous avons découvert l'instruction en famille.

Ni les enseignants, ni l'inspection, ni les autres parents d'élèves ne voyaient le problème : "bof, c'est pas si grave... C'est pour rire !"

Non, on ne fait pas faire des bisous sur les pieds pour apprendre à se mettre en rang plus vite. Non, on ne dit pas à une enfant de 7 ans qu'elle nous déçoit. Non, on ne fait pas venir le Maire pour sermonner des enfants qui parlent pendant le temps de repas. Non, on ne punit pas collectivement des enfants à rester 30'sous un arbre sans bouger. Non, on ne menace pas des enfants de manger les crottes de nez de leur camarades s'il ne s'installent pas assez vite. Non, on ne menace pas ma fille de changer de classe parce qu'elle est sage contrairement à l'autre fille de l'autre classe qui pose problème. Non, on oblige pas un enfant à rester la tête posée sur la table pour obtenir le silence. Non.

Alors nous leur avons demandé : "voudriez vous arrêter l'école" et le soulagement est arrivé avec un grand "oui".

Il aura fallu deux ans à ma grande pour retrouver la lecture et la confiance en elle. Aujourd'hui, tous les deux ont décidé de retourner à l'école. Elles savent qu'elles peuvent en sortir à tout moment. Elles prennent ce qu'il y a à prendre, mais surtout, elles profitent de leurs amis. Elles savent que l'école ne fait pas tout, elles prennent ça comme un jeu, pas tous les jours facile, elles ont de nouveau peur des adultes, mais moins car elles sont plus âgées. Ce qui les motive est de passer la journée avec leurs amis.

Il n'y a pas de solution qui soit idéale pour elles, pour le moment. Elles sont toujours hésitantes. Ce sont vraiment les liens affectifs qui font pencher la balance. Et certainement le fait de savoir qu'elles peuvent sortir n'importe quand.